Karen O et les maximonstres
À quelques jours de la sortie du très prometteur Where the Wild Things Are, il serait dommage de passer sous silence l’excellente bande sonore du film, composée et produite par Karen O des Yeah Yeah Yeahs.
La singulière chanteuse des YYYs a été approchée par le réalisateur du film, Spike Jonze, en l’occurrence son ex-conjoint. Elle s’est alors entouré d’une pléiade de musiciens, en commençant par ses comparses Brian Chase et Nick Zinner. Jack Lawrence et Dean Fertita, entre autres membres de The Dead Weather et The Raconteurs, comptent aussi parmi la dizaine de collaborateurs de Karen O and the Kids.
Parmi les 14 chansons, le premier extrait All Is Love ainsi que Capsize, Heads Up et Animal sont monstrueusement réussis. Un chœur d’enfants s’ajoute à l’occasion aux mélodies tantôt fougueuses, tantôt aériennes. L’album peut être écouté dans son intégralité sur imeem.com.
Max et les maximonstres prend l’affiche ce vendredi (16 octobre). L’adaptation de Where the Wild Things Are, écrite en 1963 par Maurice Sendak, nous fait découvrir le monde et les créatures imaginés par un petit bonhomme prénommé Max.
Crédit photo: Filter Magazine
Flo Rida: un flot de hits, sans plus
À première vue, la venue de Flo Rida à l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu figurait parmi les bons coups du festival. Depuis son entrée dans les hautes sphères du hip-hop en 2008, le rappeur américain est une véritable machine à hits et c’était en l’occurrence un de ses rares arrêts au pays. Sauf que sa performance s’est avérée bancale et brouillonne.
En fait, le show a commencé sur les chapeaux de roue avec une très cacophonique In the Ayer. Les marmonnements des trois accompagnateurs de Flo Rida empiétaient sur les paroles déjà inaudibles de la tête d’affiche. C’est sans doute pour se faire pardonner de cette mauvaise entrée en matière qu’ils ont lancé des serviettes autographiées dans la foule avant d’entreprendre la suite…
Ont suivi les plus réussies Jump, Elevator et Available, quoique le playback interférait avec le brouhaha de la bande. Autre bémol: le DJ a interrompu la plupart des pièces avant leur dénouement en déchargeant un agressant bruitage d’éclat de verre. Lassant.
On ne peut toutefois reprocher à Flo Rida un manque d’interventions auprès du public, même si parfois, ça sentait le remplissage. Quand il n’incitait pas l’un de ses acolytes à donner son bling-bling ou une montre de 2 000 $ à un membre du parterre, il cherchait des spectatrices hystériques prêtes à monter sur scène.
J’ai quitté au moment où le Floridien livrait son premier succès, Low. Les plus récentes Right Round et Sugar se faisaient toujours attendre par les jeunes en liesse près de la scène. Quant à moi, je ne m’attendais plus à grand-chose. Après tout, Flo Rida larguait ses chansons sous une tonne de décibels sans prouver un quelconque talent scénique.
Coeur de pirate, nouvelle ambassadrice de Coca-Cola?
Béatrice Martin alias Cœur de pirate pourrait bien devenir la porte-parole québécoise de la boisson gazeuse Coca-Cola, si on se fie à certaines informations rapportées la semaine dernière par des médias d’ici et d’ailleurs. Et cela n’a rien à voir avec l’histoire des photos érotiques déterrée (sur le tard) par Le Soleil. Extrapolons.
D’abord, le magazine Marketing signalait mercredi dernier la participation de Cœur de pirate à une chanson conçue pour la prochaine campagne nationale de Coke (partenaire des JO de 2010 à Vancouver). Une chanson sympathique et entraînante – pour ne pas dire pétillante -, intitulée Ouvre du bonheur. L’adaptation canadienne de la chanson réunit la Montréalaise, le rappeur Kardinal Offishal et le chanteur de Bedouin Soundclash, Jay Malinowski.
Deux jours plus tard, un article du New York Times traitant de la prédominance de Pepsi au Québec effleurait les efforts déployés par Coke dans la forteresse québécoise. Puis venait cette affirmation :
«[David M. Moran, a spokesman for Coca-Cola Canada of Toronto,] said the company had signed “a major Quebec celebrity” to act as a spokeswoman, although he declined to identify her.»
Traduction libre : un porte-parole de Coca-Cola a affirmé que la compagnie avait signé avec une «importante célébrité du Québec» pour qu’elle agisse à titre de porte-parole, bien qu’il ait refusé de l’identifier.
Bon, le terme «célébrité» est peut-être à revoir. Mais comment ne pas faire un lien entre sa participation à la chanson et les propos du représentant de Coke?
M’est avis qu’une telle association avec Cœur de pirate séduirait la jeune clientèle de la compagnie. Reste à voir si ses fans lui reprocheraient de vendre son âme à une grande compagnie comme l’ont fait ceux de Pierre Lapointe lorsqu’une de ses chansons avait été récupérée par Toyota. À suivre…
FEQ: Pierre Lapointe
Les premiers accords audibles sur Sentiments humains, le petit dernier de Pierre Lapointe, ont aussi fait office d’introduction dimanche dernier sur les Plaines. On a toutefois eu droit à des versions plutôt moyennes de Ces étranges lueurs et du Magnétisme des amants, car le chanteur au doux phrasé s’est d’abord révélé indolent, comme gêné par la foule qui lui faisait face. Ou serait-ce son coat de cuir trop ajusté qui le coinçait? Qu’importe. Une fois campé derrière son piano à queue, le Pierre Lapointe à l’humour pince-sans-rire et au charme indéniable a refait surface pour le reste de la soirée.
De constater que les pièces du dernier opus – y compris le mini-disque Les vertiges d’en haut - ont été favorisées n’est pas très décoiffant. De voir que les succès des deux premiers albums stimulaient davantage le public, non plus. Et ce, même si La Forêt des mal-aimés et Le Columbarium ont manqué à l’appel. Le paroxysme de la prestation? Le feu de camp de vacances imaginé par un Lapointe devenu Pomme d’Api, mettant la table à une magnifique Deux par deux rassemblés (avec guitare acoustique, flûtes à bec et shaker à l’appui) et à une robuste Au bar des suicidés.
Ses interprétations solo ajoutaient une deuxième dimension au spectacle (épatantes Nous restions là et Coulent les rires), loin des atmosphères orchestrales et psychotoniques portées par ses sept musiciens. C’est sans doute le secret de l’accessibilité de cette jeune figure de la chanson québécoise ayant marqué beaucoup de points en clôture du 42e Festival d’été.
Crédit photo: Festival d’été de Québec
FEQ: Patrick Watson (and the Wooden Arms)
Qu’il est charmant Patrick Watson. Et l’univers du groupe, enivrant. Un univers de grésillements, clapotements, frottements et distorsions, qui, mercredi soir, paraissait plus sobre que sur leur dernier album, le très dense Wooden Arms. On avait beau retrouver les mêmes envolées instrumentales, les morceaux respiraient beaucoup plus. Et pour cause. Des projections – dont un court-métrage plus ou moins efficace – agrémentaient le programme. Elles n’avaient peut-être pas la même envergure qu’au Festival de Jazz de Montréal le 5 juillet dernier, mais elles venaient tout de même corroborer la vision iconoclaste des artistes montréalais. L’élément de mise en scène le plus apprécié demeure la traversée des quatre musiciens à travers la foule, tous pourvus d’un attirail de lumières et de porte-voix sur le dos.
Côté set list, le quatuor a commencé en lion avec Fireweed, Tracy’s Water et Beijing. Mais pas de The Great Escape sur le radar. Le bonheur de participer à un festival qu’ils affectionnent tout particulièrement était palpable dans les interventions de Watson. Sans oublier sa grande générosité lors des rappels – au nombre de cinq, incluant une jolie chanson en français. Une prestation harmonieuse et aboutie, tant au point de vue musical qu’esthétique.
Crédit photo: Renaud Philippe | Voir Québec
FEQ: Beast et K’Naan
Beast: difficile à apprivoiser
Les trois ou quatre premières chansons du spectacle de Beast baignaient dans une certaine austérité. D’un côté, on zieutait la chanteuse et tomboy Betty Bonifassi, en pleine possession de ses moyens. De l’autre, il y avait la deuxième moitié du duo électro-rock, Jean-Phi Goncalves (batteur, bidouilleur et «plein d’autres choses» selon Bonifassi) et leurs deux musiciens. Premier constat: l’interaction manquait clairement à l’appel. Deuxième constat: impossible de ne pas tomber sous le charme du redoutable timbre de voix de Betty. Puis, petit à petit, le groupe a pris de l’aisance.
Le ciel encore clair détonnait avec la lourdeur de la performance présentée dans un Parc de la Francophonie à pleine capacité. Triste de constater que les deux membres de Beast n’ont embrasé la scène qu’au rappel. C’est alors qu’on a perçu tout le potentiel et, surtout, la réelle complicité des deux amis, quasi-absente pendant tout le spectacle. Dommage que cette communion musicale et amicale soit survenue trop tard. Autrement, c’était comme tomber face à face avec une bête sauvage et ne pas savoir comment réagir.
K’Naan: gros coup de coeur
K’Naan nous a tissé tout un happening mardi soir. En débutant avec une In the Beginning bien sentie, la faune bigarrée assemblée dans la place d’Youville s’est laissé enchanter par le Somalien d’origine. De la chanson pop au hip-hop sans bling-bling en passant par les poèmes a capella, son répertoire soulignait une certaine audace. Et même si les récits poétiques semblaient briser le rythme des chansons précédentes, c’est tout de même dans ces moments que s’illuminait l’artiste au chapeau de feutre.
Il a raconté avoir craint de donner un spectacle devant un parterre de deux ou trois têtes. Ce qui n’est pas arrivé, bien sûr. BlackBerry à la main, il a immortalisé la foule en spécifiant que la photo (jointe plus haut) se retrouverait sur son Twitter. Amusant. K’Naan nous a donc fait voyager en insufflant entrain, paix et chaleur au cours de cette soirée frisquette et morne.
FEQ: un Beirut très couru
20 h 45. Beirut doit performer dans 45 minutes environ. Une file humaine descend une partie de la rue St-Joseph à partir de l’Impérial. Ça s’annonce mal. Tout le monde semble redouter la possibilité d’entrer dans le théâtre de 1000 places.
Quelques instants plus tard, un garde de sécurité s’approche pour beugler: «C’est impossible de rentrer!» C’est ça, va te rhabiller mon cher. Des dizaines et des dizaines de personnes continuent à patienter. Certaines viennent toutefois colporter de mauvaises nouvelles à leurs camarades autour de moi. Du genre: «Ils ont ouvert la salle à 19h. C’était plein à huit heures moins dix.» M’étant déplacé comme tout bon néophyte, jamais je n’aurais cru voir ma soirée tomber à l’eau en allant découvrir le folk «globe-trotter» tant primé de Zach Condon.
Les vingt et une heures dépassées, l’espoir se faisait rare. La déception, elle, se lisait sur le visage des gens bloqués sur le trottoir. Derrière moi se trouvaient trois Saguenéens venus spécialement pour l’occasion. Devant, une madame pas contente qui fulminait contre le FEQ et un mélomane «assommé» – il venait de louper LE spectacle auquel il tenait assister. Ouch.
Vers 21h30, j’ai finalement quitté après un troisième «Impossible d’entrer à l’intérieur!». Vexé de constater que les organisateurs du Festival n’avaient pas été en mesure de prévoir l’engouement autour du musicien. Ou serait-ce la faute de la météo incertaine, qui aurait incité les gens à privilégier les shows intérieurs? Sais pas, mais ce n’est certainement pas CHX Sound System programmé au Cercle (à 23h30!) qui allait me retenir.
AJOUT | Pour tous les déçus, je tourne le fer dans la plaie en vous partageant cette critique de Nicolas Houle.
FEQ: Sean Paul, Gym Class Heroes et Divine Brown
Sous la pluie, plusieurs réclamaient le roi du dancehall avec raison. Son DJ a alors fait bouger la foule massée sur les Plaines en balançant des rythmes de Michael Jackson, de Pitbull et des Black Eyed Peas en guise d’introduction. Peu après, Sean Paul est débarqué sur scène, suivi par ses quatre danseuses, en enchaînant trois hits: Give It Up to Me, Ever Blazing et Give It to You. Fait peu surprenant, ce sont surtout ses vieux succès – les Get Busy, Temperature, We Be Burning et autres Gimme the Light – qui déclenchaient le plus d’effervescence auprès du public détrempé. La raison première de la venue de Sean Paul au Festival d’été demeurait toutefois la promotion de son nouvel album à paraître le 18 août (Imperial Blaze). Parmi le nouveau matériel révélé s’est démarqué So Fine, le premier extrait de son quatrième album.
Sinon, ça frôlait la saturation après une heure et demie de boom-boom et de (trop) forte basse qui donnaient à certains moments des airs de baragouinage au chant du Jamaïcain. Encore plus qu’à l’ordinaire, mettons. Et que dire de la finale? Paul est sorti de scène comme un cheveu sur la soupe. Sans salut, sans un moindre remerciement. Taciturne, le Sean Paul. Cela pourrait justifier la présence de son animateur de foule (et sosie) qui a comblé les silences en interpellant à maintes reprises les «sexy ladies».
Au final, les nostalgiques ont néanmoins été servis en sonorités reggae, parfois garnies de rock et d’électro. Une performance peut-être pas ensoleillée mais festive.
Une diva soul et des héros déchaînés
La nouvelle coqueluche de la brit pop Estelle (American Boy, Star) ayant fait faux bond, le FEQ a fait appel à la torontoise Divine Brown et aux Gym Class Heroes pour précéder Sean Paul (en plus de Stéphane Moraille que j’ai manqué, connue pour sa collaboration à Bran Van 3000). Un programme chargé, donc.
La chanteuse de R&B – récipiendaire d’un Juno l’an dernier – est parvenue à nous faire oublier le mauvais temps. Une artiste sympathique et talentueuse, qui a dû reprendre le dessus de ses émotions au cours d’une fort belle ballade. Sa voix chaude nous enveloppait autant dans la plus connue Old Skool Love que dans la rythmée Sunglasses (clin d’oeil à Sunglasses At Night).
Les Gym Class Heroes ont eux aussi fait un clin d’oeil à Corey Hart à mi-chemin de leur tour de force. Coïncidence? Probable. Une chose est sûre, la bande de Travis McCoy s’en sont donnés à coeur joie pendant une heure vite écoulée. Leur hip-hop dit «alternatif» a échauffé les braves qui s’étaient déplacés. Charismatique, le très tatoué chanteur – arborant une casquette à l’effigie des Expos – grimaçait à profusion, interagissait fréquemment avec son public (en feu), bref il s’amusait. On retient de solides interprétations pour Peace Sign Index Down et The Queen and I.
Crédit photo: Yan Doublet | Le Soleil
Le freak show de Paris Hilton
| OFF
Paris Hilton’s My New BFF. Cette infopub déguisée en téléréalité – ce qui rappelle les expériences télévisuelles des Pussycat Dolls – cherche à dénicher la nouvelle «meilleure amie pour la vie» de la richissime héritière sans talent apparent. J’en parle puisque la première saison pollue présentement les ondes de MusiquePlus sous l’horrible nom de Paris un jour, Paris toujours!. Figée et flanquée de son sourire niais, Paris ne fait pas grand-chose alors que les candidats, eux, gesticulent, balancent des énormités à volonté, bref, font les pitres pour s’adjoindre à une célèbre nunuche. Les participants sont d’ailleurs de pures caricatures des temps modernes. Il y a notamment la barbie brunette détestée de tous, le gai too much, la fêtarde un brin alcoolique, la timide qui «sort de sa coquille» et la réplique d’Amy Winehouse. Malgré leurs différences marquées à gros traits, tous semblent respecter un scénario. Un scénario qui grossit (ou invente) des défauts à des inconnus et qui, au passage, redore le blason de Paris.
Aussitôt la compétition terminée en décembre dernier, Paris a mis la gagnante (Brittany) de côté de peur que celle-ci change une fois placée sous les projecteurs. Évidemment. Sept mois plus tard, la deuxième saison n’est même pas terminée qu’on pense déjà à la prochaine. Sans compter ces adaptations en Grande-Bretagne et aux Émirats arabes unis. Elle pense même venir se faire une amie au Canada… Aberrant.
| ON
On prend toujours un train, à Radio-Canada. Des témoignages poignants, optimistes et lumineux. Des entrevues menées (presque) parfaitement par un Josélito Michaud empathique. «Presque», parce que plus capable de la question cucul qui revient chaque semaine: la phrase que l’invité voudrait voir inscrite sur sa pierre tombale. Le sujet du deuil bien traité, donc.
Télévision Qui Stagne?
| OFF
Est-ce seulement moi ou l’ébauche de la programmation automnale du «véritable» TQS laisse indifférent? En gros, on aura affaire à du commentaire et des jeux. Dans la première catégorie, pensez à Dumont 360 et à une version remaniée de 110%. Sinon, glorifiez la venue de quiz adaptés (Taxi payant, Devine combien je gagne) ou remis au goût du jour (La guerre des clans) et de jeux «extrêmes» tels que Wipeout et Le mur – avec, attention, des candidats québécois.
Seules les séries américaines dénichées par les frères Rémillard – dont Entourage, Californication ou Fringe – semblent prometteuses côté fictions. On avait fait miroiter le retour, quatorze ans plus tard, de la télésérie québécoise Scoop, campée dans le feu roulant d’une salle de rédaction. Le projet a été tué dans l’oeuf en raison d’un différend juridique entre Réjean Tremblay et Fabienne Larouche, créateurs de la populaire émission des années 90. TQS se contente donc de la dernière saison de 450, chemin du Golf et de la nouvelle aventure de Peter MacLeod, le sitcom Bienvenue aux dames. Bof.
À moins de flamboyantes acquisitions d’ici septembre, TQS (bientôt rebaptisée) ne m’attire pas plus qu’avant.
| ON
Le très loufoque Roberto Benigni à Bons baisers de France. Défi de la semaine: essayer de ne pas perdre le fil pendant son entrevue. Le contrôle de France Beaudoin relève néanmoins de l’exploit.